Uniformisation du clavier informatique en Europe : Est-ce la fin des claviers AZERTY ?

Dernière mise à jour: 20.10.19

 

L’Union européenne est composée de 28 États avec 24 langues officielles. Si la question d’une monnaie commune a été au centre des préoccupations pour une intégration européenne plus poussée, la députée du Rhône, Anne Brugnera estime également que tous les habitants du continent doivent avoir en leur possession un matériel identique. Ce dernier permettra de favoriser une économie partagée, car il sera plus facile pour les gens de se rendre dans les pays voisins pour étudier ou travailler. En raison de la diversité de l’alphabet en Europe — latin pour la France, cyrillique pour la Bulgarie et grec pour la Grèce — Anne Brugnera avance l’idée d’une uniformisation du clavier informatique à l’échelle de l’UE. La députée attire ainsi l’attention du secrétaire d’État en charge du numérique, Mounir Mahjoubi. Qualifié de clavier typiquement français, le clavier AZERTY pourrait-il donc laisser place à un accessoire plus commun ?

 

L’alphabet latin : une si grande variété !

L’Union européenne possède une très belle diversité de langues que nous pouvons contempler à travers l’écrit. C’est justement cette richesse linguistique qui a rendu de nombreuses personnes sceptiques face à ce projet d’uniformisation de clavier sur le continent.

Comportant vingt-six lettres de base, l’alphabet latin recouvre déjà à lui seul une si grande variété de langues. Les gens se demandent alors comment il serait possible d’imposer un système uniformisé pour ce matériel informatique.

Qui plus est, les écarts sont importants. Par exemple, dans leur alphabet, les Danois font usage de æ, ø et å. L’Allemagne emploie fréquemment ß. La langue portugaise et espagnole, quant à elles, nécessite des accents aigus tels que ú, é, á et ó, sans oublier les tildes : ñ et ã. Les lettres de l’alphabet croate diffèrent aussi du français sur certaines consonnes : đ, č, š, ć et ž. Cette spécificité existe tout autant dans l’alphabet roumain, maltais, slovaque, lituanien, letton, polonais, tchèque ou encore slovaque.

Une uniformisation générale serait donc utopique. Par contre, elle existe déjà aujourd’hui par grappe de pays, c’est-à-dire pour les États qui partagent une écriture et une langue communes. À titre d’exemple, les claviers QWERTZ sont utilisés en Allemagne, en Autriche et dans les pays des Balkans. Aussi, la disposition des touches (QWERTY) entre l’Europe du Nord, l’Espagne, l’Irlande et le Royaume-Uni est identique.

Si l’alphabet latin est le système d’écriture le plus répandu dans le continent européen, les claviers AZERTY sont cependant les moins employés. Ils sont éparpillés à travers une faible minorité d’États.

 

 

Quel avenir pour les claviers AZERTY ?

À part la Belgique qui en fait usage partiellement, les claviers AZERTY ne sont employés qu’en France uniquement. Si l’uniformisation globale de cet accessoire devait se mettre en place, c’est la disposition la plus répandue dans le territoire européen qui doit être maintenue, par conséquent la France sera contrainte d’abandonner la sienne.

Conformément à ce qu’a dit la députée du Rhône, le passage d’un matériel à un autre dans tout le continent n’est pas chose aisée. Et ce changement pourrait chambouler tout un mécanisme. En effet, les habitudes imposent, la population qui est encore étrangère à la nouvelle disposition trouvera indéniablement des difficultés à s’en accommoder. Après tout, il n’est pas très évident de situer les accents souhaités sur un clavier QWERTY. Autant d’obstacles à la mise en place de ce système uniformisé ! Qui plus est, réunir toutes les écritures de l’Union européenne sur un seul et même équipement est complexe.

Cette idée est d’ailleurs très mal accueillie par les utilisateurs. Beaucoup disent que l’existence de ces diverses dispositions offre aux gens la possibilité de choisir ce qui leur convient, sachant également que les systèmes d’exploitation gèrent bien cette variété. Uniformiser ce matériel pourrait donc leur enlever une certaine liberté.

Dans la mesure où les dirigeants trouvent une solution efficace pour élaborer un clavier pratique et assez simple, des résistances pourraient toujours exister. Un utilisateur a tenu à s’exprimer sur le sujet. Selon lui, l’Europe devrait davantage développer une vraie reconnaissance vocale, qui permet à tout un chacun de s’affranchir des claviers. Il est donc mieux d’employer le terme « amélioration » que « uniformisation ».

 

Une optimisation de la disposition AZERTY

La majorité des claviers dans l’Hexagone sont AZERTY. Cette disposition a été adoptée dès le 19e siècle, et depuis quelques années le pays a lancé le projet d’un clavier normalisé au niveau national. Ceci permet d’améliorer les capacités d’écriture et de simplifier davantage la saisie dans la langue de Molière.

Des caractères spécifiques fréquemment utilisés de nos jours sont en effet très complexes à taper et demandent même une certaine acrobatie digitale. D’où l’optimisation du clavier AZERTY !

 

 

Le ministre de la Culture a légué cette responsabilité à l’Afnor. Cette association a donc constitué une équipe pour moderniser le clavier français et élaborer un nouveau modèle. À l’issue de leur réflexion, le groupe maintient l’ancienne place des chiffres et des 26 lettres. Là où ils ont apporté une amélioration, par contre, c’est au niveau de certains signes comme les accolades, l’arobase et les voyelles accentuées. Il est désormais possible de réaliser des accents sur les majuscules. La palette des signes typographiques est également étendue. Le point est aussi devenu accessible sans activer la touche majuscule.

Le chef du projet, Philippe Magnabosco affirme toutefois qu’il ne s’agit pas d’une grande révolution, mais seulement des petits changements pour rendre les claviers AZERTY plus confortables à utiliser.

Bien que cette nouvelle norme ait été mise en place, chaque fabricant est néanmoins libre de l’appliquer ou non.

 

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