Quelle est cette nouvelle conception managériale du bureau ?

Dernière mise à jour: 18.10.19

 

Françoise Bonnier, une chercheuse en organisation et en espace de travail a récemment lancé une étude sur le rôle de l’espace de travail dans le processus actuel qui prône innovation, création et transmission de connaissances, management et communication. À l’issue de son étude, elle affirme que « l’espace de travail est devenu un outil de travail ».

 

 

L’espace de travail, un atout pour exploiter et développer l’intelligence collective

Tout le monde, au fil des générations, est passé par le processus de production qu’est le travail. Jusque-là, celui-ci ne démontre qu’une seule constante qui n’a jamais évolué : le confinement de cet espace de travail dans un lieu physique bien circonscrit. Ce sont des usines ou encore un champ, un espace, lequel a été équipé des outils et des machines nécessaires au lancement de la production.

Ces trente dernières années, l’immobilier bureau est érigé dans un seul et unique esprit, réunir toutes les capacités et les capitaux humains suivant des heures fixes tous les jours, dans un seul et même espace qui sera partagé en ratio égal pour tous les postes de travail. La conception suit une seule logique, il s’agit de faire en sorte que l’immobilier corresponde à une fonction bien précise, suivant les normes exigées et les besoins précis y afférents. Chaque espace est travaillé de manière rationnelle, jusqu’à devenir un outil rentable pour l’entreprise, c’est-à-dire, qui non seulement fera baisser les charges, mais encore, qui contribuera à doubler la productivité.

Si l’on faisait un petit schéma de cette logique, dans la pratique, cela signifie que chaque m² du bureau était aussi important que les autres m²: Il ne vaut ni plus ni moins. Le patrimoine immobilier dans le secteur tertiaire n’obéit qu’à un seul principe, qui est la commodité. C’est un actif financier qui se constitue et se gère à l’image de tous les actifs financiers qui circulent sur le marché.

Cette tendance se renverse petit à petit aujourd’hui. Si le lieu de travail n’avait été nullement pris en compte dans les questions de management et de stratégie, aujourd’hui, on reconnaît le bureau comme étant une expression physique du projet de société, et donc qui doit être envisagé comme étant un outil de management.

Dans l’ère dans laquelle nous vivons, l’évolution numérique a beaucoup changé la donne. On appréhende plus les connaissances de la même manière, celle-ci est devenue plus complexe, orientée vers la recherche de l’innovation et de la créativité. Dans cette optique, l’espace de travail peut et doit être pris en compte en tant que levier de performance. On essaye de se défaire de la standardisation pour promouvoir contre toute l’efficacité économique.

 

 

Une nouvelle approche du bureau : vers l’organisation du flux

La conception a changé, le bureau est passé de simple outil de stockage à un véritable élément dans la gestion des flux : flux d’informations, d’idées et de personnes. Le bureau n’est plus l’unique centre des coûts, il sert désormais de repère pour la création de la valeur et l’exploitation ainsi que le développement de l’intelligence collective. Chaque composant de l’entreprise peut travailler en dedans comme en dehors du bâtiment traditionnel, à n’importe quel moment et en adoptant n’importe quelle position.

Dans ce nouveau contexte, l’architecte va jouer également un nouveau rôle qui s’inscrit dans le management. Les critères vont changer et la conception devra tenir compte de l’aspect sociologique et physiologique des travailleurs. Le principe est simple, isoler l’homme ne peut que l’amener à l’échec. Ses capacités aussi bien physiques que mentales se développeront mieux dans un environnement où il est appelé à interagir avec d’autres personnes. Des principes qui sont à la fois du domaine de l’architecture et du management ont été posés à cet effet.

Il s’agit dans un premier temps de miser sur l’horizontalité. La conception classique en divisant les collaborateurs par étage n’est ni techniquement ni sociologiquement adaptée.

Dans un second temps, il est important de mettre en place des centres névralgiques. À côté de la conception horizontale, il faudrait également en effet créer une convergence, une centralité au sein de l’entreprise. Cela pourrait prendre forme à travers un jardin par exemple.

Le troisième principe concerne la mise en place, si ce n’est la favorisation de la transparence. Les collaborateurs doivent pouvoir s’apercevoir pour que chacun ressente l’esprit d’appartenance et ne soit soumis à aucune sensation d’isolement.

Dans un quatrième temps, on propose la diversification des fonctions, tout en faisant usage d’un seul et unique lieu. Ainsi, les interactions se multiplieront et augmenteront également en termes de qualité.

Et enfin, le dernier principe pose l’importance de la conception de l’espace extérieur comme étant un lieu d’échange social et de connexion. On pourrait passer du digital au végétal et à l’air libre ainsi.

 

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