La reliure d’un livre – un art à part entière

Dernière mise à jour: 14.08.20

 

La plupart n’y prêtent pas souvent attention, et pourtant, la manière d’assembler plusieurs feuilles entre elles pour former un livre représente une technique fascinante. Mieux, elle constitue même un véritable travail d’artiste, depuis son origine jusqu’à nos jours. Selon les époques, le style de reliure permet déjà d’appréhender le contenu.

 

Histoire de la reliure

Des techniques et des idées se sont succédé, avant d’aboutir à la petite machine que vous utilisez aujourd’hui au bureau ou à la maison, pour assembler vos feuilles de papier pour créer un document attaché. Pour approfondir les connaissances et aller plus en profondeur dans l’histoire de la reliure, il importe de savoir que cette technique existe depuis le premier siècle. Avant cette époque, tous les recueils, correspondances et autres écrits étaient conservés sous forme de parchemins. Plus ou moins volumineux selon les contenus et la longueur des informations retranscrites, le livre rouleau a commencé à se développer, mais sans toutefois résoudre le véritable problème de la conservation et de la praticité.

Au premier siècle, les relieurs de l’époque ont alors commencé à cogiter pour trouver un moyen de faciliter la conservation, mais surtout la lecture des informations contenues dans les différents recueils. La reliure naît officiellement à cette époque. Comme les machines n’en étaient encore qu’à leurs phases primitives à cette époque, seules certaines parties spécifiques de la reliure étaient mécanisées, comme la découpe des bords de papier, ou la délimitation des différents formats de page, la découpe et la définition des couvertures. Pour le reste, tout relevait du travail manuel, et il convient de relever que le résultat ne constituait ni plus ni moins qu’une œuvre d’art. En effet, il est bon de rappeler qu’à une époque aussi reculée, l’écriture était toujours manuelle. Il s’agit de l’âge d’or de la calligraphie, l’imprimerie ne voyant le jour que quelques siècles plus tard avec Gutenberg.

Cependant, ce n’est qu’au XVIIe siècle que le mot « reliure » exprime effectivement l’idée de la « façon dont un livre, un document ou un cahier est relié ». Cette définition perdure jusqu’à aujourd’hui, faisant oublier la signification originelle de la reliure, qui indiquait simplement le livre ou le recueil lui-même, dans son ensemble. C’est à partir de cette nouvelle définition qu’est né le concept de la relieuse que l’on connaît aujourd’hui, cette machine qui nous prouve toute son utilité pour finaliser nos documents pédagogiques, universitaires ou même professionnels. Mais si vous avez aujourd’hui le choix de sélectionner le type de matériel pour une reliure mécanique ou thermique, vous pouvez également vous tourner vers une méthode plus classique, qui dévoilera tout l’aspect artistique de la reliure. Pour ce faire, vous pouvez opter pour la méthode manuelle, cette technique utilisée depuis des siècles et que certains relieurs professionnels utilisent encore aujourd’hui, à la demande des consommateurs.

La reliure, un véritable travail d’artiste

Depuis son origine, la reliure a pour finalité de refléter son intérieur. Les manuscrits anciens, calligraphiés et illustrés par de véritables artistes scripturaux et peintres, se devaient de porter une couverture à la hauteur de leur contenu. Aujourd’hui, cet objectif reste toujours d’actualité, et avec les possibilités offertes par l’évolution de la technologie moderne, de nombreux choix sont à la disposition des utilisateurs. Seulement, un ouvrage fabriqué de manière industrielle sera toujours moins intéressant, du point de vue visuel et artistique, qu’un autre fabriqué dans les règles de l’art, avec technique et précision. De ce fait, les relieuses professionnelles, bien que pratiques, ne peuvent réussir à apporter la touche particulière qui définit une véritable reliure, telle que définie par l’étymologie.

Cet aspect artistique commence déjà par le vocabulaire spécifique utilisé dans le monde du livre, notamment en ce qui concerne son anatomie. Le vocabulaire utilisé par les relieurs professionnels apporte d’ailleurs une dimension imagée, qui procure au métier son caractère artistique. Ainsi, vous pourriez ignorer que chaque partie d’un livre est définie selon un terme spécifique, à l’exemple de la tranchefile.

Ce mot indique les bourrelets placés au dos d’un livre. L’on en compte deux, dont le premier sur la partie supérieure, appelée tranchefile de tête, et l’autre à la partie inférieure, ou tranchefile de queue. Le plus souvent, ces deux parties sont brodées, pour inspirer une impression de solidité dans la finition du livre. D’autres termes techniques tout aussi expressifs et imagés existent dans l’anatomie du livre, comme la gouttière, la chasse ou le plat, qui indiquent simplement des parties spécifiques du livre, mais qui ont été ainsi appelés à cause des diverses opérations effectuées pour en arriver à ces résultats.

En outre, le véritable aspect artistique de la reliure se révèle dans les différentes techniques utilisées pour réaliser le livre. Essentiellement effectuée dans une suite de travaux manuels, il existe aujourd’hui plusieurs techniques efficaces pour réussir à relier une œuvre et lui donner un aspect unique, différent des livres assemblés dans une imprimerie totalement automatique. Mais sans devoir recourir aux méthodes laborieuses du Moyen-Âge, vous pouvez adopter des techniques plus modernes, mais offrant toutefois une authenticité à votre œuvre. Vous pouvez par exemple opter pour l’utilisation de ruban, ou vous servir d’un ruban adhésif pour assembler ou renforcer votre livre. Vous pouvez également choisir de coudre votre reliure, une méthode qui se rapproche d’ailleurs le plus des techniques traditionnelles.

Exemple de reliure artistique : l’utilisation du ruban

Pour changer des spirales de plastique ou métalliques, optez pour du ruban. L’épaisseur importe peu, pensez juste à choisir une couleur qui s’adapte au contenu de votre livre. Veillez à laisser 3 cm du côté gauche de chaque page, pour éviter que les mots ne soient cachés une fois la reliure effectuée.

Percez ensuite des trous équidistants des bords supérieurs et inférieurs, et aussi entre eux, sur toute la longueur. Prévoyez ensuite un ruban équivalent au double ou au triple de la longueur, puis enfilez-le dans chaque trou successif, de manière droite, tressée ou selon votre inspiration. Pensez à serrer à chaque passage, chaque trou permettant deux passages au moins. Attachez les bouts solidement pour finir.

 

 

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